Après l'échec du Congrès de Reims le week-end dernier, qui a donné le spectacle d'un déchirement du premier parti d'opposition, il appartient aux militants d'arbitrer pour dégager un nom et une ligne politique.
C'est la première fois que trois postulants sont en lice depuis l'instauration du suffrage universel militant chez les socialistes, en 1995.
Compte tenu du rapport de force dégagé au scrutin du 6 novembre - 29% pour Royal, 24,3% pour Aubry, 18,5% pour Hamon- aucun des trois ne semble a priori en mesure de rassembler jeudi 51% des voix. Dès lors, le nom du successeur de François Hollande risque de n'être connu que vendredi soir, à l'issue d'un deuxième tour.
La présidente de Poitou-Charentes, 55 ans, devrait sortir en tête du premier tour qui se déroule de 17H00 à 22H00 dans quelque 3.200 sections, dont les résultats seront connus après minuit, estime-t-on dans les trois états-majors.
Les inconnues majeures du scrutin concernent le taux de participation - faible le 6 novembre, 56,6% sur des 233.000 inscrits- et le report des voix des partisans de Bertrand Delanoë (25,2%) qui ne devraient pas tous suivre l'appel de leur champion à voter pour la maire de Lille.
Dans la dernière ligne droite avant le scrutin, les candidats ont jeté leurs ultimes arguments dans le débat.
Mme Aubry, 58 ans, a interpellé directement sa rivale: "On ne peut pas à la fois dire +je suis dans le Parti socialiste+ et dire +je suis dans une rupture+". "Il faut arrêter de parler de soi, et je le dis aussi à Ségolène. Nous voulons un parti qui s'engage avec des militants".
Mme Royal rétorque: "les gens s'habitueront à mon identité politique" "à ce que je reste moi-même pour mieux changer le PS".
L'ex-candidate rappelle l'échéance de 2012 et appelle les militants à lui "renouveler" sa légitimité acquise en 2007: "parmi les leaders du PS il n'y en pas beaucoup qui peuvent être présents au second tour de la présidentielle", affirme-t-elle. Elle s'estime la mieux placée pour cette échéance "grâce au lien direct que j'ai avec le peuple français, au travail que j'ai fourni et l'équipe que j'ai rasemblée".
C'est justement contre cette présidentialisation que met en garde Benoît Hamon (41 ans). "Si on a une présidentiable à la tête du PS, l'objectif sera pendant trois ans d'assurer la promotion de sa candidature, qui fera l'objet d'une intense campagne de l'autre présidentiable pour qu'elle ne soit pas candidate".
L'eurodéputé se voit au deuxième tour mais ses chances semblent plus limitées. Il a prévu de donner une consigne de vote pour vendredi. Mme Royal lui a tendu la main: "Benoît Hamon sera dans la direction du parti s'il le souhaite".
Mais, les positions du champion de l'aile gauche du parti sont considérées comme plus proches de celles de Mme Aubry, qui, au second tour, pourrait y trouver une réserve de voix.
"La chance de Ségolène est de gagner au premier tour, s'il y a un deuxième tour, elle a perdu", prévoit un responsable PS pour qui l'ex-candidate peut profiter d'un sursaut des absentionnistes, "ces militants à 20 euros qui ont un lien affectif avec elle".
Le successeur de François Hollande sera probablement une femme, mais sa tâche sera ardue pour panser les plaies de Reims, refaire du PS un parti audible, avec en ligne de mire l'élection
présidentielle de 2012.


Lors du Conseil national du 2 juillet, le Parti
socialiste s'est officiellement mis en marche pour le congrès de Reims des 14, 15 et 16 novembre prochain. Au total, 21 contributions générales et 260 thématiques ont été déposées.
L'ordre de leur publication dans L'hebdo des socialistes a été tiré au sort. Il ne leur reste plus qu'à être lues, étudiées, décryptées, comparées... durant l'été. La prochaine étape
est maintenant celle du dépôt des motions, le 23 septembre, à l'occasion d'un CN de synthèse. Voici les textes de ces contributions au format PDF.








Commentaires